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Du mal de mère

Synopsis.

Quatre femmes, la quarantaine. Elles ne se connaissent pas. Elles souffrent, encore aujourd’hui, de leur mère.

De leurs mères insuffisantes, violentes ou perverses et pourtant « sans reproche ». Du moins se voient-elles toujours ainsi. Et de fait, de récit en récit, on va découvrir qu’elles ont été tout sauf une « mère suffisamment bonne » pour prendre le mot célèbre de Winnicott.

Pourtant ces quatre femmes ont reçu une éducation, ont été élevées « normalement », nourries, logées, soignées.

Mais d’affection, de tendresse - tellement plus importantes que « le lait maternel » - point.

Ces quatre femmes, nourrissent toujours une haine sourde contre leurs mères.

Et cette haine, refoulée, forcément toxique, va les conduire, pour trois d’entre elles, à mon cabinet. Elles vont faire, chacune, une psychothérapie. Est-elle terminée ? Toujours est-il que je les ai amenées à mettre sur le papier tous ces souvenirs, tellement vifs encore, comme pour chercher une réponse à cette question terrible : « Mais nous as-tu aimées, maman ?! »

Toutefois ce n'est en rien un procès. C’est juste le besoin de savoir, de comprendre. Comment peut-on négliger sa fille, la laisser exposée à la violence d’un père ou d’étrangers, utiliser son corps de fillette en la laissant offerte aux regards, ne pas voir sa souffrance ou sa solitude ?…

Tous ces récits, comme leur psy que j’ai été, je vais en faire un commentaire, une mise en sens ; comme un prolongement de leur analyse. La quatrième n’est pas passée par la case psychothérapie et son témoignage, brut, va recouper celui de sa sœur, valider son histoire.

Cet aller-retour permanent entre récit et commentaire va éclairer ce qui a pu se tordre dans un lien qui n’a jamais pu se mettre en place dans l’enfance entre mère et fille; lien toujours blanc, toujours infiltré de rancœur et de colère, quarante ans plus tard.

Les lectrices (et lecteurs, aussi) tentés par une psychothérapie, par une analyse, pourront de ce fait, se figurer la nature du rapport toujours mystérieux du patient avec son psy.

Un livre âpre. A la mise bas douloureuse.